Qu'est-ce qu'une concertation restaurative en groupe ?

La « Concertation Restaurative en Groupe ou CRG » est un processus qui mène à une rencontre entre auteurs, victimes et collectivités, pour résoudre ensemble les conséquences d'un méfait. La CRG a pour objectif de vouloir réparer, dans et avec la communauté, un dommage causé par un incident incluant un comportement antisocial de la part de mineurs. Ce processus innovant vise une restauration à 3 niveaux : individuel, interpersonnel et collectif. Ces niveaux conjugués sont importants pour la prévention de la récidive, pour permettre à chacun de prendre la responsabilité de ses propres actes et participer activement à la réparation matérielle comme à la reconstruction des liens et de la vie en groupe (quartier, école, club, famille, ...)

Comment une concertation restaurative en groupe s'organise t-elle ?

La préparation

Pour réussir une CRG, une préparation minutieuse par un ou deux facilitateurs est essentielle.

Les objectifs de la préparation sont entre autres de :

  • déterminer avec le mandant si une conférence est appropriée à la situation et si les incidents ont un impact à 3 niveaux ;
  • vérifier si l’auteur assume la responsabilité de ce qui s’est passé ;
  • examiner, du côté de la victime comme de l’auteur, qui a été touché et inviter ces personnes à la conférence ;
  • demander à la victime et à l'auteur qui peuvent les soutenir et inviter ces personnes-alliées à la CRG ;
  • connaître et rencontrer les tierces personnes qui ont subi un préjudice et les inviter ;
  • s’assurer de la présence d’un responsable ou représentant de l’autorité ;
  • s’assurer que tout le monde peut participer en toute sécurité à la conférence ;
  • trouver un endroit et un moment pour tenir une CRG.

La réunion

La réunion suit un script qui mène vers un plan d'action et de réparation. Le script prends en compte tous les aspects essentiels en canalisant l'expression de chacun par :

  • la reconnaissance des réalités vécues par les uns et par les autres dans un climat de confiance ;
  • le partage d’émotions et de ressentis ;
  • l'expression de soi selon des règles commune ;
  • le respect de points de vue ou de besoins contradictoires ;
  • la création d'un espace de créativité dans lequel chacun peut donner ses idées, s'investir et s'engager.

Par ailleurs, il permet aux facilitateurs de rester à la juste distance de la situation, de l’auteur comme de la victime ou des autres participants, d’empêcher ou d’équilibrer les prises à partie et de laisser le processus opérer.

Le processus se déroule en quatre étapes :

  1. Faits et conséquences selon chacun
  2. Qu'est-ce qui a été le plus dur pour toi ? Et pour les autres ?
  3. Ce qui doit être réparé
  4. Pour terminer, comment réparer : des actions sont proposées pour élaborer un plan d’action et de réparation tant au niveau personnel qu’interpersonnel et collectif.

Le plan d'action et de réparation

La concertation se termine par la rédaction du plan d'action et de réparation. Tandis que les facilitateurs rédigent le plan sur la base des décisions des participants, ceux-ci sont invités à prendre une collation ensemble. Comme dans les pauses, ce temps peut être assimilé à un temps d'intégration : les participants, de façon informelle, échangent les uns avec les autres, satisfactions, impressions à chaud, volonté de dialogue, ... Dès que le plan est rédigé suivent lecture et signature du plan d'action et de réparation.

La réunion de suivi

La réunion de suivi fait partie intégrante de la méthode, contrairement à ce qui se passe dans les autres régions du monde où elle est facultative. Organisée 4 (à 6) semaines après la CRG, la réunion de suivi a pour objectif d’assurer un suivi des situations et de tenir compte des effets réels des engagements pris afin de les réorienter si nécessaire.